Les enduits sur les poêles de masse

Introduction

À UZUME on aime la brique brute ! Tous les goûts sont dans la nature cependant, et nous vous proposons ici quelques articles généreusement écrits par des amis poêliers.

Les enduits à l'argile de Régis LEPAGE

Le poêlier

Ce chapitre est écrit par Régis LEPAGE, un poêlier belge réalisant tous les habillages de ses poêles avec des BTC (Briques de Terre Compressée) et des enduits à l'argile.

Vous pouvez le contacter et voir ses autres réalisations sur son site : nyima.be

Quelques autres détails sur son travail sont mentionnés sur la page des ressources externes.

Objectifs et matériaux

Enduire son poêle permet d’adoucir ses formes et de changer sa texture. Cela autorise également de soigner un peu moins l’apparence de la maçonnerie, l’important étant de conserver les plans. Les quelques conseils présentés ici concernent l’enduisage de poêle réalisés en blocs de terre compressée (BTC).

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Source: Régis LEPAGE

Comme tout bon enduit argile, l’enduit d’un poêle de masse doit être solide, c’est-à-dire ne pas craquer et résister à l’abrasion.

La résistance à l’abrasion vient de la qualité de l’argile mais peut-être plus encore de la qualité de la charge, c’est-à-dire du sable. Sa granulométrie doit être bien étagée. C’est la variété de la taille des grains qui formera le « squelette » de l’enduit. Pour ressentir cela, il suffit de faire l’expérience de plonger sa main dans un sac de grains de même taille (céréales par exemple) versus un sac de grains de tailles différentes. La main aura plus de difficulté à pénétrer dans le second. Par ailleurs, des grains anguleux donneront plus de solidité que des grains ronds.

La résistance au fissures s’obtient, selon mon expérience, par la pose d’une armature de fibres de verre (maille de 5mm) dans la couche de corps. Cette première couche de 15 mm d’épaisseur se réalise en deux passe. La première permet de déterminer la forme et de saturer la surface d’échange du support (BTC) en eau. Cela permet donc de placer la treille de fibres plus à l’aise après avoir recharger légerèment d’enduit. Cette armature se noie en surface de la couche de corps. Son relief reste visible. Après séchage complet, la couche de finition peut être posée (5mm). L’armature se trouve donc au final au 2/3 de l’épaisseur du complexe.

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Sur ce poêle il manque encore une couche de finition.
Source: Régis LEPAGE

Les techniques qui ne fonctionnent pas

Certains recommandent d’attendre une saison de chauffe pour la finition afin de pouvoir corriger au printemps les éventuelles micro-fissures. Avec cette armature et l’enduit que j’utilise, je n’ai jamais constaté de telles fissures.

Dans le but d’éviter les fissures dues aux dilatations, certains poêliers allemands enduisent leurs poêles à chaud. J’ai testé la technique sur des poêles tièdes, et déjà, le temps de mise en œuvre été fortement réduit. Ce qui est plutôt inconfortable..

J’ai également testé sans armature, mais avec un enduit renforcé par un surplus de paille. Cela ne fonctionne pas. L’enduit « glisse » sur les brins de paille. La paille n’arme pas l’enduit. Elle harmonise certainement les tensions de surface et maintient son humidité durant la pose, ce qui facilite le travail.

Détails et conclusion

Petit détail d’importance, ne pas oublier, si de la quincaillerie doit être intégrée dans la maçonnerie, de prévoir de la faire ressortir suffisamment.

Pour les assises des banquettes, rien de tel qu’une pierre. Cela dit, il est possible de durcir l’enduit en l’imprégant de d’huile de lin et d’essence de térébentine.

L’enduisage d’un poêle est donc un peu technique, mais selon moi, cela met le poêle de masse réellement en valeur. De plus, à ce stade la construction, la créativité est encore possible et même bienvenue surtout quand il s’agit d’enduire un poêle courbe.

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Source: Régis LEPAGE